Sur les maisons de naissance
Sur la position en décubitus à l'accouchement
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Or aujourd’hui, ce qui est sur le point de nous être proposé, c’est l’expérimentation durant 3 ans de maisons de naissances attenantes ou situées au sein d’une service de gynécologie obstétrique. Même si nous ne sommes absolument pas contre cette possibilité, nous réclamons l’ouverture de maisons de naissance indépendantes, situées hors de l’hôpital, à une distance permettant un transfert dans des délais compatibles avec l’urgence, comme ce qui est offert à nos voisines européennes ou aux canadiennes.
Pourtant, ce concept a fait ses preuves (existe effectivement )déjà ailleurs depuis une trentaine d’années : une centaine de Maisons de Naissance sont ouvertes au Canada, aux Etats-Unis et il en existe dans de nombreux pays d’Europe : en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Suède.
Les résultats de ces expérimentations sont très positifs c’est :
* une grande satisfaction due à une meilleure qualité de l’accompagnement.
* une médicalisation a minima et un taux d’intervention nettement réduit
* une adéquation parfaite à la politique de santé préventive
* une économie pour la Sécurité sociale évaluée jusqu’à 765 euros par femme (grossesse + accouchement)
Depuis quelques années, de nombreuses associations en France effectuent un travail bénévole intense pour la reconnaissance de ce droit « européen » et mondial, et pour la création de telles maisons qui permettront :
* la liberté de choix des parents du lieux d’accouchement pour la naissance de leur enfant
* au respect de la physiologie (le naturel) des grossesses et des accouchements;
* à l’Accompagnement Global de la Naissance (un seul praticien pour assurer la surveillance médicale de la grossesse lors des consultations prénatales, la préparation à la naissance, la surveillance et la responsabilité de l'accouchement, les soins postnatals de la mère et de l'enfant).
* à travailler en partenariat avec une maternité de proximité.
Une Maison de Naissance est une vraie alternative offerte aux parents, à mi-chemin entre la maternité et le domicile.
Nous sommes nombreux à attendre l’ouverture promise par les gouvernements successifs ,des maisons de naissances. Par ce courrier nous espérons vous faire prendre conscience de la forte demande et de l’urgence avec laquelle il faut légiférer sur ce sujet.
Par cette pétition nous vous demandons de faire en sorte que ces lieux de suivi de grossesse et de naissance puissent voir le jour car nous, parents citoyens et sages-femmes sommes prêts, et qu’enfin existe en France une autre pratique et un autre regard sur l’accompagnement de la grossesse et l’accouchement.
Une médicalisation contestée
Or, cette technicisation est aujourd'hui contestée à la fois par la recherche médicale internationale et par les usagers. De nombreux travaux montrent en effet que la plupart de ces interventions
(rupture de la poche des eaux, administration d'hormones accélérant le travail, monitoring en continu, épisiotomie, césarienne, etc.) ne présentent pas d'avantages décisifs et, à l'inverse,
entraînent des conséquences négatives sur la santé de la mère et de l'enfant. Cela commence à être reconnu en France, notre pays n'étant pas de ce point de vue à la pointe de l'évolution : ainsi,
à la demande de groupes d'usagers et se basant sur ces études, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié récemment des recommandations de pratique professionnelle visant à éliminer une pratique
en cours, l'expression abdominale2, ou à limiter drastiquement les accouchements déclenchés ; de même, le Collège national des gynécologues-obstétriciens a rédigé, en 2005, une
recommandation sur la pratique de l'épisiotomie - qui concerne la moitié des femmes et deux tiers des primipares - afin d'inciter les professionnels à la modération.
S'appuyant sur ce constat, des associations d'usagers dénoncent de plus en plus fermement cette médicalisation qui - de leur point de vue - perturbe le déroulement de cet événement avant tout
familial, nuit à l'établissement des relations précoces entre parents et nouveau-nés et laisse des séquelles tant physiques que psychologiques à une proportion importante des femmes. La place
accrue de la médecine a d'autres effets pervers : les parents se sentent peu sûrs d'eux, voire incompétents ; ils ont tendance à s'en remettre aux professionnels et perdent confiance dans leur
capacité à mettre au monde et élever leur enfant. Le Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane)3, principal mouvement d'usagers sur la naissance qui regroupe cent
trente-sept associations, plaide depuis plusieurs années pour une reconsidération de la place des techniques dans le suivi de grossesse et l'accouchement, et pour le développement de filières de
soins alternatives, comme les Maisons de naissance et l'accouchement à domicile, qui permettent de redonner à la famille toute sa place dans cet événement4. Démarche qui n'est pas encore
couronnée de succès, comme nous l'avons vu, tant le modèle obstétrical centré sur le risque reste prégnant en France…
L'exemple des Pays-Bas
Pourtant, d'autres pays ont déjà expérimenté ces formes de soins : au Québec, dans les pays nordiques, en Allemagne, des Maisons de naissance fonctionnent depuis plusieurs années ; en
Grande-Bretagne, l'accouchement
à domicile se développe avec la bénédiction des autorités. Les Pays-Bas, quant à eux, n'ont pas eu besoin de " redécouvrir " les bienfaits d'une approche physiologique de la naissance : avec
constance tout au long du XXe
Toute l'organisation néerlandaise est basée sur le postulat qu'il est possible de séparer sans ambiguïté les situations normales des situations pathologiques ou à risque, et que, dans ces
conditions, rien ne s'oppose à ce que les accouchements normaux se déroulent dans un lieu non médicalisé, comme le domicile des futurs parents. Ici, donc, la sécurité n'est pas attachée comme en
France au lieu et à la quantité de moyens qui s'y trouvent accumulés, mais réside dans le couplage approprié entre une femme particulière et un lieu : à condition que la femme le souhaite et
qu'elle habite à moins de vingt minutes d'un hôpital (ce qui, compte tenu de la géographie néerlandaise, est le cas majoritaire), un accouchement normal sera aussi sûr à la maison, où le minimum
de perturbations et d'interventions sont à craindre, alors qu'un accouchement pathologique ne peut se dérouler en sécurité qu'à l'hôpital. Un troisième dispositif, l'accouchement dit en "
polyclinique ", permet à une femme sans problème particulier, mais qui préfère le milieu hospitalier ou qui habite trop loin d'un hôpital, d'accoucher dans une maternité : après un début de
travail à la maison, elle est accompagnée de la sage-femme qui a suivi la grossesse et qui assure l'accouchement dans des conditions strictement identiques à celles du domicile ; elle sort de la
maternité 24 heures au maximum après y être entrée. siècle, ils ont su maintenir des taux importants d'accouchements à domicile (encore plus de 30 % aujourd'hui) avec des indicateurs en
termes de mortalité et de morbidité comparables à ceux de la France. Une analyse rapide de leur organisation nous permettra de comprendre le chemin à parcourir en France.
Savoir-faire des sages-femmes
Dans cette organisation, toute la question est de savoir comment est gérée la frontière entre physiologie et pathologie. L'ensemble du système néerlandais est articulé autour d'un dispositif de
coordination d'une grande simplicité, la liste d'indications obstétricales (VIL) : ce document dresse l'inventaire d'un certain nombre de maladies ou de troubles divers qui peuvent faire partie
du passé médical et obstétrical de la femme enceinte, ou qui sont susceptibles de se déclarer lors de la présente grossesse, lors de l'accouchement ou en post-partum.
Les indications sont classées en trois catégories : A, B, C ; une femme sans indications particulières ou avec des indications de type A est suivie par une sage-femme et peut accoucher à domicile
ou en " polyclinique " ; les indications de type C impliquent un suivi par l'obstétricien et un accouchement à l'hôpital ; dans le cas des indications de type B, la sage-femme doit consulter un
obstétricien ou envoyer sa cliente à une consultation obstétricale et, au vu des résultats, elle décide soit de continuer à suivre la femme, soit de la " référer " à un spécialiste, ce qui va
déterminer le choix d'un accouchement à domicile/polyclinique ou à l'hôpital. Au final, un peu plus de 30 % des femmes accouchent à domicile, 20 % en mode " polyclinique ", et une petite moitié
en milieu hospitalier, avec cependant une utilisation moins importante des techniques qu'en France : par exemple, le monitoring n'est pas placé systématiquement en continu.
Le fonctionnement du système néerlandais se caractérise donc par une séparation très stricte entre situation normale et situation pathologique, séparation qui est inscrite dans les professions -
les sages-femmes ne traitent que des cas normaux, les obstétriciens que des cas pathologiques - et recoupée dans la répartition des moyens techniques, qui diffèrent radicalement entre les deux
situations. La hiérarchisation des professions et des savoirs est, sinon absente, du moins beaucoup plus faible qu'en France : les sages-femmes revendiquent un savoir-faire spécifique concernant
les accouchements normaux. Elles n'ont que leurs mains, quelques petits instruments, leurs sens, leurs compétences sociales et leurs compétences techniques définies comme la capacité à n'agir
qu'en cas de " réelle " nécessité, et cette relative pauvreté de moyens définit en creux l'importance des savoir-faire incorporés que les obstétriciens, confrontés majoritairement à la
pathologie, ne possèdent pas.
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