Naissance de Benjamin

Publié le par Magali

       Je n'avais pas envie à la base de raconter cette histoire là, trop douloureuse, trop négative. J'ai pas envie de faire peur aux mamans prêtes a accoucher. Et puis voilà, pour une formation je dois raconter mes grossesses et accouchements. Pour expliquer mon chemin. Je me suis dis qu'alors peut être que ce texte avait sa place ici, comme témoignage. Pour aider les mamans a réfléchir à ce qu'elles veulent vraiment pour acceuillir leurs bébés. Heureusement ce n'est pas toujours comme cela que ça se passe, je sais aussi que certaines ont vécu bien pire...

       Mon mari et moi avons toujours voulu vivre ensemble en famille. Nous voulions trés vite avoir des enfants. En janvier 2002, 2 ans après notre rencontre, j'arrête la pillule. Nous nous marions en septembre et commençons à nous impatienter. Après un hiver difficile (doutes/déceptions), je tombe finalement enceinte en mars 2003. Un petit va nous rejoindre pour la fin de l'année...Née en décembre, je m'étais jurée d'essayer de ne pas avoir d'enfant de fin d'année, c'est raté mais c'est pas grave ! Ma grossesse, suivie par le généraliste du village, se passe sans problème. Je fais une préparation à la naissance avec sophrologie et j'avoue ne pas m'être interrogée sur les conditions de naissances. Je croyais les gestes techniques existants utilisés à bon escient. Je choisi la maternité (devrais-je dire, usine à bébé !) où mes frèrers sont nés. C'était mon seul critère de choix !
        Le 8 décembre, j'ai une fissure de la poche des eaux. La maternité attend le début du travail 24h avant un déclenchement. Heureusement, bébé se prépare tout seul, pas besoin de ça mais j'ai quand même une perf pour les antibios. Mardi 9 à 7 h, je ne dis rien à personne et heureusement, on m'aurait surement privé de petit dej si j'avais dit que ça avait commencé ! Après une mauvaise nuit car ma voisine de  chambre ronflait comme un ours, je vais en salle de travail vers 9h. Acceuil de la SF et son élève. On me branche au monitoring. Il y a des contractions régulières. Oscultations : 2cm...ça avance doucement mais cette position rend la douleur ingérable. La SF me propose la péri, que j'accepte sans réfléchir alors que je m'étais promise de tenir sans "le plus longtemps possible".
        C'est quelques mois après que j'ai réalisé que les 2 heures d'attente de la péri se sont faites sans douleur. Comme si la promesse de ne plus avoir mal avait fait partir ma peur et donc...la douleur.
        Donc péri à 11h du matin. J'attend, dort un peu, visite de contrôle toutes les heures. 1cm/heure. Je suis dans la norme, à ce rytme là bébé sera là vers 16h/17h. On m'injecte des trucs (antibios, Syntociton...) je sais pas trop quoi, je fais confiance.
        A 17 h, je reste bloquée à 9cm, le travail ne progresse plus. On me laisse comme ça pendant 2 heures pour voir. Bébé, lui, évacue son méconium et le liquide est teinté. Son rytme cardiaque ralentit une fois. C'est un stress énorme et Simon fait que de descendre fumer une clope. J'ai pas mal mais j'ai hâte que cela finisse.
        19h, arrivée de super gynéco, qui me dit bonjour en me mettant direct les doigts pour m'ausculter. "On fait un essai avec ventouse, si ça marche pas, on fait une césa. Préparez là" dit'il à l'élève SF. Elle tente la pose de la sonde urinaire, heureusement elle loupe son coup. Puis sans rien sentir à ce qui se passe en moi, il faut que je pousse pendant que le gynéco tire sur la tête de mon bébé avec son truc ! La SF pousse sur mon ventre, elle en est rouge écarlate. Ils sont 10 là-dedans ( le gynéco, la SF et son élève, une autre SF et son élève, l'anesthésiste, une infirmière et le pédiatre), mon mari a le sentiment de gener et moi d'être dépossédée, vidée, extraite, inutile...
        Mon bébé sort, il est 20 h 12, on coupe le cordon de suite et le pédiatre part aspirer mon bébé.
        Seuls, le gynéco et l'élève SF, restent pour recoudre la "magnifique" épisio. J'entend mon bébé pleurer, le gynéco dit que c'est un pleur de petit mec. Mais on en sait rien, on n'a pas pu le voir ! Simon va voir les SF et puers qui s'occupent de lui. Le pédiatre annonce que mon Benjamin ira en néo-nat au cas où il aurait une infection. Une SF m'apporte enfin mon bébé (lavé et dans une serviette)  qui reste sur moi 2 minutes alors que le gynéco continue sa couture. Pas agréable comme première rencontre. Mon mari emmène Benjamin dans le servie néo-nat.
        Moi, je suis seule et j'ai soif (mais il faut encore attendre, on ne sais jamais...). Il fait froid, les femmes de ménage viennent nettoyer le sol. Et puis le brancardier arrive. Il est 22h. On m'apporte mon repas (purée/jambon) et c'est à 23h que je peux rejoindre Benjamin pour une première tétée. Quel bonheur de se retrouver. La puer me propose de me reposer cette nuit qu'elle me télephonera pour la tétée du petit matin vers 8h. Je ne peux pas marcher, je suis meurtrie. Je suis sale et je pue la sueur et je suis perdue avec tout ce qui arrive. J'accepte l'idée qu'il faut me reposer et j'ai dormi d'une traite. J'ai hâte de retrouver mon bébé. Je passe ma journée en néo-nat (je rentre juste pour manger dans ma chambre, c'est archi dégueux d'ailleurs et j'ai faim).
        L'allaitement se passe bien, Benjamin a perdu peu de poid. Je lui fais toilette, change de couche...
        La pédiatre fait les exams, tout est ok, on attend juste les résultats de la prise de sang.
        Nos familles viennent nous voir. A travers le carreau, il est déjà si beau de la voir ce premier petit-enfant de la famille.
        Au bout de 2 jours, on sait qu'il n' a pas d'infection mais on le garde une nuit de plus car le service d'admission de chambre est déjà fermé. Le lendemain, je récupère mon bébé et 2 jours plus tard, ouf, enfin à la maison. Enfin tranquille !
        Tout cela s'est passé si vite, ne m'étant posé aucune question avant, tout cela m'a semblé normal.
        Puis viennent, les doutes, interrogations puis regrets....
        Pardon, pardon Benjamin et merci aussi de m'avoir permis de vouloir changer les choses pour notre prochain bébé.


        Ce qui nous est arrivé est assez banal comme expérience, certaines auront même l'impression qu' "heureusement que j'étais à la mater". Or il n'en est rien. Je n'aurais pas eu tout ces "problèmes" hors maternité ou disons si j'avais eu un cadre affectif satisfaisant.

Publié dans Naissance respectée

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clairette 08/11/2007 00:33

Haaaa; cette culpabilité Mag.. je la connais. Très trop bien... Je ne sais pas s'il est possible de changer quelquechose en milieu hospitalier, j'en doute... Je suis réellement très très pessimiste... Parfois ça fait du bien de "balancer" ses peines et ses regrets, de les matérialiser par un écrit. je vous embrasse tous les 3 bien fort...Clairette

Magali 08/11/2007 11:46

Les grosses maters s'empirent, les petites s'améliorent...A nous mamans de choisir les bonnes...quoi que si les petites deviennent grosses....Moi ce qui m'énerve le plus c'est l'arret de l'essai de maison de naissance, merci monsieur le président, champion de la sécurité !

Morgane 07/11/2007 22:15

L'Hôtel-Dieu ferme ? Merde alors... bon ben je saurai où m'inscrire "au cas où" la prochaine fois ! Je suis désolée de lire ce récit de naissance pour Benjamin...Mais heureuse de découvrir que tu fais la formation LLL, c'est génial !!Alors, c'est bientôt, ton anniv' ? ;-)

Magali 08/11/2007 11:43

:-)) 14 décembre ;-)

Eosine 06/11/2007 14:01

Qd je lis ton accouchement, je me dis que tu es un utérus sur pattes... Oui, je crois que c'est somme toute un accouchement assez classique, et bien des femmes en sont heureuses...Seulement tu as parcourru un chemin différent ensuite. Ce qui est dommage, c'est que l'on n'a pas vraiment le choix : les maters ultra-médicalisée ou l'aad...

Magali 06/11/2007 23:23

Il y a encore quelques "petites" maters (1000 naissances) qui font des choix différents pour sauver un peu leur peau..(bain, acupuncture, ostéo, plateau technique...). Ici, il y a les maters de Vitré et Fougères qui sont ouvertes aux projets de naissance et à l'accompagnement respectueux. Il y a aussi l'hôtel Dieu à Rennes mais qui ferme dans 1 an...

petit_scarabée 05/11/2007 14:01

Et dire que je me suis sentie toute bête quand le WE dernier on m'a demandée pourquoi j'avais envie d'accoucher à la maison... Et bien je crois que je me souviens maintenant... Grâce à ce genre de récit, les futures mamans d'aujourd'hui peuvent savoir où elles mettent les pieds dés le premier, et ne pas faire aveuglément confiance au "système", parce que "c'est comme ça que tout le monde fait". Alors merci beaucoup. Et heureusement que la naissance de votre 2e reste un bon souvenir !